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Recette : Pour faire une promenade à Beyrouth
Courage ! Ne donnez pas d’importance aux regards intrigués. Vos pieds vous pardonneront…

Text &Photography : Lucia Czernin

Commençons à Dora, le nerf de la guerre du transport publique libanais.

Nous sommes au centre d’un rond-point gigantesque, entouré par le concert des klaxons et de l’air fumé ambiant.

Traversez la route. Ni trop vite, ni trop lentement. Allez-y bon train.

On prend la rue d’Arménie de Bourj Hammoud, le quartier arménien de Beyrouth.

 

Ajoutez ici : quelques pancartes arméniennes, à volonté, de l’encens, plein de pétales de roses, des plaques d’immatriculation, de l’argenterie, des petites icones en l’honneur de la sainte vierge ou du prophète Elie, en abondance.

Selon votre goût, incorporez délicatement des boutons et du fil chinois.

 

Attention aux messieurs fragiles, coincés entre deux voitures sur des chaises en plastique, fumant leur narguilé !

 

Prenez garde aussi aux petits garçons qui courent les ruelles avec du café turc encore fumant entre les mains !

Arrêtez-vous chez Ludwig’s, au cas où vous sentez le besoin d’un rafraîchissement. Ce bar à jus est nommé d’après son fondateur, le grand-père du propriétaire actuel.

 

Ou bien, selon votre préférence, essayez « Esspresso » - le ‘s’ supplémentaire qui s’y trouve par accident, est devenu cher aux propriétaires. Ils vous offrent aussi du chocolat chaud et ils seront prêts à vous céder les deux seules chaises en plastique et de rester debout derrière vous.

Continuons la promenade (retenez votre souffle !) à travers la rue du fleuve de Beyrouth pour entrer à Mar Mikhael (« Saint Michel »).

 

C’est le quartier de tradition industrielle avec l’ancienne gare des trains (plus de trains au Liban..). Aujourd’hui il est l’objet d’une transformation confuse et constante de la scène branchée dont les bars « Drunken Duck » ou « Glitz and Funk » ne cessent de changer de nom.

 

Cependant, en jetant un regard dans les coulisses vous pourriez aussi bien trouver une petite grotte naturelle. Entrez. Reposez-vous quelques instants.

 

Ajoutez une abondance de chandelles, de fleurs, des statues représentant tous les saints possibles. Ici, il faut juste savoir être.

 

Les cris stridents du vendeur de légumes qui passe avec son chariot s’ajoutent au charme du moment.

 

Vous êtes un flâneur passionné ? Reprenez la marche !

Ne négligez pas les façades des vieilles maisons de Gemmayzeh, leurs fenêtres arquées qui font penser à Venise et leurs volets colorés.

 

Sur votre gauche : le barbier « Tony’s », un métier d’un autre temps, qui diffuse son charme jauni du lavabo jusqu’à la chemise autrefois blanche du maître de la maison.

Attention, ne trébuchez pas sur le chien centenaire ! Il est probablement encore vivant !

Prenez un des nombreux escaliers qui montent à Achrafieh.

 

Avec un peu d’effort vous aurez un aperçu fugace d’un jardin caché ou même de la mer !

 

Vous devez être assez épuisés maintenant. Oui, elle ne se laisse pas découvrir si facilement cette ville unique.

Vous entendez ce tintement ? C’est une des « sabab » les garçons à la grande cafetière argentée. Ils se font annoncer au moyen de petites cloches et par la vapeur exotique du café.

Vous êtes prêt pour une nouvelle aventure ?

 

Mettez-vous au bord de la route pour prendre un service taxi ou un bus. Surtout patientez, avant de monter dans un véhicule quelconque, tout en essayant de lire les mimiques des chauffeurs. 

Tôt ou tard vous allez vous retrouver en route vers Hamra, serré parmi les passagers de divers horizons. Beyrouth de l’ouest vous attend, un autre aspect des nombreux visages de cette ville.